La famille dans le coeur

La co-fondatrice de Mange te main mise sur deux familles: la sienne et celle de son commerce.


« Je m’appelle Martine, j’ai 33 ans, je suis entrepreneure.


Mange ta main, c’est un café, resto, traiteur, épicerie en vrac zéro déchets. Je papillonne à travers tous ces versants de notre entreprise. Elle est née il y a cinq ans à la suite de la naissance de notre deuxième enfant, post-événements du 6 juillet 2013 à Lac-Mégantic. Un an plus tard environ, on ouvrait notre commerce dans une petite maison d’un quartier résidentiel, sur une rue un peu industrielle, qui est surtout le quartier dans lequel on vit. Ça nous permet de pouvoir aller à pied de la maison au travail, à l’école des enfants, à la garderie.


Bien avant d’avoir des enfants, on savait qu’on aurait notre petit boui-boui à nous. Rien de compliqué, rien d’exceptionnel, juste notre couleur à nous, juste d’avoir le temps et l’espace pour pouvoir partager avec les gens. On voulait pas s’enfermer dans une cuisine, on voulait pas avoir un espace guindé, on voulait avoir un endroit où les gens se sentent bien.


Mange ta main me permet effectivement d’entrer en contact avec les gens qui gravitent autour de chez nous, de notre commerce. Je m’y suis fait une tonne d’amis, de vrais amis, qui le resteraient même si un jour le commerce disparaissait. Des gens avec qui on partage de grandes joies et de grandes peines. C’est vraiment une belle famille, une vraie famille qu’on a trouvée, et qui nous permet de nous sentir ancrés dans la région.


À tous les jours, j’ai le sentiment profond de changer la vie de quelqu’un. Pas changer la vie de quelqu’un comme quoi sa vie va changer après qu’on se soit vus; c’est plutôt que je pense qu’on peut faire la différence dans le quotidien. Parfois avec un bon café, un bon lunch, une tape dans le dos, une conversation… Ça se veut pas commercial, ça se veut juste humain.


L’équilibre vital


« Ce projet m’apporte l’équilibre entre ma vie en cuisine, ma vie d’entrepreneure et ma vie de maman, qui est très importante pour moi. Je ne voulais pas sacrifier l’une ou l’autre. À tout moment, je veux être celle qui lâche tout pour aller rejoindre ses enfants. Je crois que d’avoir mon propre commerce, mon propre endroit où mes enfants sont bienvenus, me donne mon équilibre.


À travers des mois de décembre très occupés, on réussit à lire des histoires à nos enfants. À travers des mois de janvier au repos, on réussit à regagner le temps perdu avec les cocos. On essaie, avec des petites erreurs de parcours évidemment, d’être de bons parents-restaurateurs.


Si on était sur une rue principale dans le centre-ville d’une grande ville, on n’aurait probablement pas les mêmes frais fixes, ça ne nous permettrait pas de prendre des mois de vacances avec nos enfants, y compris des semaines de vacances en plein été pour les emmener faire du camping. On a une vie de restaurateurs-parents fort agréable.


Martine Tremblay dans son commerce, à Lac-Mégantic. Photo: Jérôme Lavallée

La maman que je veux être


« J’arrive à m’accomplir à travers ce projet-là parce qu’il me laisse de la place pour être la maman que j’ai envie d’être. J’ai de l’espace pour emmener mes enfants en vélo après le souper, pour être spontanée, pour les faire participer. Ma vie de maman est au centre de tout ça. Ma famille, mes enfants, c’est ce que j’ai de plus important. Mon commerce aussi, mais il vient juste après.


Mon plus grand défi, c’est justement de préserver cet équilibre. C’est tellement facile de déraper. L’entreprise en demande toujours plus, surtout qu’elle est en croissance.


On se donne toutefois le droit d’essayer, on se donne le droit à l’erreur, on se donne le droit de revenir en arrière. Et grâce à la proximité qu’on a avec notre clientèle, c’est accepté par nos clients qu’on puisse expérimenter.


À travers les cinq dernières années, les enfants ont grandi, l’entreprise aussi, et on a des collaborateurs incroyables qui nous aident à gravir notre montagne.


À tous les jours, l’équilibre travail-famille change. À tous les jours, je redirige la trajectoire vers mon sommet. »


© 2019 / ma vie au sommet / par Défi 2025 région de Mégantic.