La médecin comblée

Claudia Munger a trouvé le meilleur des tous les mondes dans la région de Mégantic

« Je m’appelle Claudia, j’ai 27 ans, et je suis médecin.


Je suis une fille de la Montérégie qui avait un grand rêve, celui de devenir médecin. J’ai fait mes études à Sherbrooke et ma résidence à Longueuil. Après des études (interminables!), j’ai trouvé un petit coin tranquille, un milieu de vie, qui s’appelle Lac-Mégantic. Avec des infirmiers ainsi que des médecins super sympathiques et accueillants qui cherchaient quelqu’un qui voulait faire de l’urgence et de la consultation au bureau. J’ai décidé de faire le saut.


Ce qui m’intéressait beaucoup, c’était d’habiter une région comme celle-ci, en nature, pour associer travail et plein air. C’est lors d’un séjour en stage, pendant ma résidence en médecine, que j’ai découvert le coin. Ce qui est possible ici, la façon de travailler, la qualité du personnel médical, ça m’a vraiment attiré. Lac-Mégantic, ça s’accorde parfaitement à moi!


L’accueil a été formidable. On est une jeune équipe de médecins, tout le monde est sympathique. Et ça parait qu’on est dans une petite ville, une petite région, tout le monde se connait, tout le monde connait les prénoms de tout le monde… ce que je n’avais jamais vécu auparavant.


Ça a aussi été très facile de se faire des amis, d’aller à la rencontre des gens. Ça peut être un petit stress en arrivant, on se demande si on va être en mesure de se faire un réseau social. Pour ma part, cela n’a pas été difficile du tout.


Car la place des amis dans ma vie est très importante. Je place la famille et l’amitié très haut dans mes priorités. Ce sont des relations qu’il faut entretenir. Il faut mettre dans notre horaire de voir les gens qu’on aime. Sinon, il peut y avoir de belles relations long terme qui disparaissent tranquillement.


Travailler, mais vivre


C’est sûr, mon quotidien est un peu une boite à surprises. J’ai des quarts de travail à l’urgence qui changent toujours - matin, jour, nuit. J’ai aussi des rencontres avec mes patients au bureau. À travers tout cela, je profite au maximum de mes journées de congé pour les loisirs. Ça peut être une randonnée un après-midi, un verre avec des amis un soir de semaine. J’aime profiter des choses au jour le jour.


Mon équilibre se trouve justement dans ma capacité à profiter des moments à l’extérieur du travail, avec les gens que j’aime, avec les sports que je pratique. Le fait d’être en région me permet de faire ce que j’aime dans ma profession, tout en ayant du temps de grande qualité hors du travail. Je doute que j’aurais cela serait possible dans un grand centre urbain!


Je me définis comme une personne ouverte, toujours positive, qui veut explorer et apprendre de nouvelles choses, rencontrer de nouvelles personnes, voir ce que la vie peut m’offrir. C’est pour ça que je suis allé en médecine; on apprend tout le temps! En plus, être médecin de famille et faire de l’urgence me permettent d’être constamment en contact avec les gens. J’aime aller vers l’inconnu.


Claudia Munger, médecin à Lac-Mégantic. Photo: Jérôme Lavallée

Évidemment, la médecine occupe une grande place dans ma vie. Depuis le début de mes études, j’ai fait beaucoup de sacrifices pour en arriver là, mais je suis tellement passionnée par ce que je fais… Je ne peux pas imaginer une vie sans ma profession. J’ai l’impression que la médecine me fait briller. Elle m’amène à toujours repousser mes limites.


Le plus beau dans tout ça, c’est la différence que je peux faire dans la vie des gens. Qu’ils aient de 0 à 100 ans, peu importe leur milieu de vie, je peux être en mesure d’aider d’une façon ou l’autre; c’est ce que j’adore.


Et j’aime penser que je me prémunis contre le plus grand danger dans notre profession, qui est de devenir cynique. On peut finir par entrer dans un moule répétitif, avoir l’impression de faire face à des obstacles presque insurmontables du système de santé. Certains perdent un peu espoir. Ils pensent qu’ils ne sont plus capables d’aider les gens comme ils voudraient le faire.


La meilleure stratégie, c’est d’en être consciente, de se rappeler toujours les raisons qui nous ont fait choisir ce travail, de se souvenir des bonnes rencontres qu’on fait avec les gens, pas les mauvaises!


Une belle vie comme ça


Pendant mes études, j’imaginais ma vie future évidemment, mais je ne pensais pas avoir une belle vie comme ça. J’avais plutôt l’impression que je serais obligée d’avoir une pratique qui n’intégrerait pas toutes mes valeurs… Mais finalement, oui! Je suis choyée.


Dans 5-10 ans, je me vois avoir des enfants, avoir une maison sur le bord de l’eau, faire encore des soupers régulièrement avec des amis, voir régulièrement ma famille, et continuer d’avoir une pratique de la médecine comme je la fais, comme je la souhaite.


Je pense que je suis à la bonne place au bon moment parce que les opportunités sont arrivées, je les ais prises, et je continue d’évoluer et de grandir là-dedans.


En réalité, j’ai l’impression d’être sur un petit sommet de ma vie présentement, au départ de l’Himalaya, que j’ai la chance de gravir plutôt facilement. J’ai l’impression que tout avance rapidement, sans embûche; ça me permet d’évoluer, de grandir.


Ma vie est en train de se réaliser mieux que ce que j’aurais cru. Et si j’avais à recommencer, je ciblerais plus vite Mégantic! »


© 2019 / ma vie au sommet / par Défi 2025 région de Mégantic.