La marchande de bonheur

Émilie Roy cherchait la proximité avec la nature, son travail, sa famille... elle est bien servie!


« Je m’appelle Émilie, j’ai 34 ans et je suis fleuriste.


Ça fait trois ans que je suis de retour à Lac-Mégantic pour travailler en fleuristerie. J’ai été à Montréal longtemps, mais j’avais besoin de revenir à mes sources, d’avoir plus de proximité avec les gens.


D’aussi loin que je me rappelle, j’avais peut-être 10 ans, j’enfilais des billes, je faisais des colliers, des bracelets. J’ai toujours aimé ça. Quand est venu le temps de choisir mon métier, ça allait de soi que j’aille étudier en joaillerie. J’ai travaillé là-dedans à Montréal. Par la suite, j’ai eu besoin de vivre autre chose. J’ai travaillé en événementiel. Je voyais souvent des fleuristes dans les événements et cela m’intéressait aussi. Alors, j’ai décidé de suivre aussi une formation en fleuristerie.


Dans les deux cas, c’est du travail avec les mains. C’est vraiment ma force, le travail manuel. Car mes mains, tout passe par là… même quand je parle, je gesticule beaucoup!


Mon travail implique de servir les gens, d’être proche des gens, et c’est ce que j’aime. Nos clients viennent pour des événements heureux, des événements tristes. Ils rient avec nous, ils pleurent avec nous. Nous aussi. Ils se confient à nous. Mon travail est de créer un bouquet ou des arrangements de fleurs qui vont rester gravés dans leur mémoire.


Quand on parle d’un mariage par exemple, il faut que le bouquet soit vraiment parfait parce que la mariée, elle, va s’en rappeler tout sa vie s’il est raté! Il faut se mettre dans la peau de la personne et comprendre ce qu’elle veut.


Marchande de bonheur


Être fleuriste, ça m’apporte beaucoup de bonheur. Un bouquet que je confectionne ne sort pas de la boutique s’il n’est pas à mon goût, si je n’étais pas contente moi-même de le recevoir. Je mets de l’amour là-dedans. J’essaie toujours de nouvelles techniques, ça me motive.


Je me vois aussi comme une marchande de bonheur. Quand les gens repartent avec le sourire, une certaine joie de vivre, pour moi c’est fantastique. Ce métier nourrit l’essence de ce que je suis.


Émilie, fleuriste à Lac-Mégantic. Photo: Jérôme Lavallée

Le plus beau côté, c’est de pouvoir me laisser aller dans mes créations, d’être moi-même. Mais je veux aussi être une personne à l’écoute des autres. Je ne suis pas la personne la plus extravertie mais je sais que les gens viennent vers moi pour jaser. À la boutique, les gens peuvent parfois nous raconter une partie de leur vie et moi, ça me touche, ça me rejoint.

D’ailleurs, le mot qui représente mon sommet, c’est la proximité. Proximité avec les gens, proximité du travail, proximité pour me rendre au lac, sur les montagnes, aller chercher ma fille à l’école. Tout ça se fait vraiment rapidement ici. En plus, la relation de respect qui se dégage avec les gens, ça rejoint mes valeurs.


Bien-être intérieur


Je peux dire que ma vie ressemble à ce que je m’étais imaginée, en tout cas en ce qui concerne mon bien-être. C’est sûr, il y a toujours de petits à-côtés qui pourraient changer!


Je ne pensais pas faire de la fleuristerie quand je suis revenue à Lac-Mégantic. Je travaillais en arpentage. Une amie m’a présenté à Annabelle, la propriétaire de la boutique, en pensant qu’on avait des atomes crochus… c’est vraiment le cas!


Cette relation, mon travail, c’est ce qui fait que ça fonctionne, c’est ce qui fait que je suis vraiment bien et que je me sens épanouie. Je suis pas mal proche d’être sur mon X! J’ai un bien-être intérieur qui me satisfait amplement.


Est-ce que j’ai le sentiment d’être à un sommet de ma vie? C’est sûr, on veut toujours accomplir plus. Mais j’ai un travail que j’adore, j’ai ma famille, je vis dans un endroit que je trouve magnifique. Le soir quand je reviens à la maison et que je vois le lac, les montagnes, je me dis que c’est beau chez nous. Tout est en place! »

© 2019 / ma vie au sommet / par Défi 2025 région de Mégantic.