La sportive authentique


La jeune athlète s’entraîne avec frénésie… tout en cultivant une vie paisible


« Je m’appelle Maïté, j’ai 27 ans, et je suis une athlète d’endurance.


J’ai toujours aimé bouger. Je viens d’une grande famille, avec sept frères et une soeur. On a toujours été très actifs par le jeu lorsqu’on était enfants. C’est là que j’ai développé une passion. Elle a évolué au cours des années et maintenant, c’est le sport d’endurance, principalement la course en sentier, le vélo, les grandes distances en natation.


Quand je suis dans un sentier, dans la forêt, que je suis libre, que je cours à fond, le temps s’arrête. C’est là que je me retrouve moi-même et que je prends conscience d’où je veux aller. .

Le sport est devenu un besoin de base. Bouger me rend heureuse, c’est ce qui m’incite à me réaliser, à me dépasser. Ça a un impact positif sur toutes les sphères de ma vie.


Le bonheur pour moi, c’est l’équilibre entre la tranquillité et vivre à fond. Je me lève avec le chant des oiseaux, je m’occupe de mon jardin, je déjeune tranquillement. Et ensuite, je sors dépenser mon énergie en nageant ou en roulant avant d’aller travailler.


J’habite à 17 kilomètres du bureau. Plusieurs fois par semaine, je reviens en courant dans les côtes, ou à vélo, en contournant le lac. Savoir intégrer l’entrainement à mon mode de vie est ce qui fait ma force, en tant qu’athlète.


À deux, c’est mieux


On s’entraîne beaucoup en couple aussi. Mon conjoint Félix et moi, on est deux triathlètes avec des ambitions assez élevées. On se motive, on se pousse l’un et l’autre à être de plus en plus forts, à atteindre chacun nos objectifs.


C’est vraiment agréable de pouvoir vivre nos rêves, nos passions sportives à deux, dans un environnement qui nous stimule tellement. Ici, quand on part courir, on croise plus de chevreuils que d’humains, mais ces humains-là nous saluent et nous appellent par notre nom! C’est unique.


Je viens du village de Frontenac, à côté de Lac-Mégantic, et Félix vient de Montréal, mais il habite le village de Piopolis depuis une dizaine d’années. On a choisi de s’installer près de Piopolis parce qu’on a trouvé une magnifique maison avec beaucoup de cœur, beaucoup d’âme, qui nous donne le cadre parfait pour développer, et avoir du plaisir : un lac accessible, des montagnes à perte de vue, une culture du plein air… que demander de mieux?


On a un grand terrain avec un jardin et une serre, qui nous permettent de bien nous alimenter. Autour du terrain, qu’on parte à gauche à droite, devant ou derrière, il n’y a que des côtes. En vélo ou à la course, ça nous pousse à nous challenger un peu! Et rapidement, on y prend goût et on oublie même que ça monte!


Ça m’arrivé tellement de fois de partir pour une heure d’entraînement et finalement revenir au bout de trois heures, exténuée mais tellement comblée. On voit des paysages qui nous donnent juste envie de continuer malgré la fatigue ou la douleur.



Maïté Galipeau-Théberge sur le terrain de sa maison de campagne, près de Piopolis. Photo: Jérôme Lavallée


Une vie paisible


À chaque jour, j’en reviens pas d’être installée ici, de pouvoir vivre mes passions accompagnée de mon fiancé, mon meilleur ami. De découvrir quelque chose de nouveau à chaque jour, de réaliser des rêves que j’avais depuis longtemps.


C’est une vie paisible, qui me permet de me construire, me sentir confinée dans un endroit qui me dicte ses limites. J’aime être libre, profiter de l’environnement que j’ai choisi. Je me retrouve dans cet endroit; c’est joyeux, avec des fleurs partout!


Je dois dire que j’ai toujours eu un mode de vie différent de ce que je voyais autour de moi. En étant ici, j’ai appris encore davantage que chacun doit respecter ses limites. On est plus heureux en étant soi-même, sans se laisser atteindre par comment vivent les autres. On habite tout de même un endroit différent du bungalow en banlieue! Être ici, ça me donne encore plus l’envie de suivre mon propre chemin.


Et mon chemin, je pourrais dire qu’il passe par le bien vivre. Pour moi, c’est important de prendre le temps de faire chaque chose, d’être plutôt que d’avoir, de profiter des gens que j’apprécie, d’être en forme, de prendre plaisir à la vie, de prendre goût à ce qui m’entoure, sans pression, sans stress, juste pour le plaisir d’être là, de vivre à fond chaque instant.


Mon objectif principal est de me classer dans l’élite du sport d’endurance au Québec. Je m’investis dans ça à chaque jour, dans chaque action. Être dans cet environnement unique me permet de m’approcher de ce but tranquillement.


Présentement, je me vois sur un sentier, en train de courir vers le sommet d’une montagne très élevée. Je ne suis pas encore arrivée, mais chaque pas m’amène de plus en plus proche du sommet. »


Propos de Maïté Galipeau-Théberge recueillis en juillet 2019 chez elle, dans la campagne entre Marston et Piopolis, près du lac Mégantic, où elle vit avec son amoureux Félix Guèvremont.


Photo et vidéo : Jérôme Lavallée

© 2019 / ma vie au sommet / par Défi 2025 région de Mégantic.