Le pêcheur passionné

Pierre-André Hould est revenu dans sa région pour la nature, la famille... et les affaires


« Je m’appelle Pierre-André, j’ai 32 ans, et je suis commerçant.


Je suis copropriétaire d’un commerce avec mon père, à Lac-Mégantic. Nous vendons et réparons des outils pour l’entretien, comme des tondeuses et des mini-tracteurs, ainsi que des vélos.

La place du commerce dans ma vie est très grande, très exigeante; ça demande beaucoup de temps, beaucoup d’efforts. Mon point d’équilibre est de faire la cassure chaque jour quand je quitte le commerce. Je trouve aussi des façons de me ressourcer avec la nature qui nous entoure ici, les montagnes, les rivières.


Ma passion, c’est la pêche. C’est là depuis que je suis tout petit. Mon grand-père m’a montré à pêcher à l’âge de 2 ou 3 ans puis, depuis une dizaine d’années, je pêche à la mouche… de façon presque maladive! En fait, je fais mes propres mouches.


Dès que je peux, je me lève très tôt le matin, avant ma journée de travail de 12 heures souvent, pour aller pêcher 2-3 heures. C’est le seul temps que j’ai dans la semaine pour me permettre de rencontrer ma passion! La fait de vivre dans une région de lacs et de montagnes me permet d’avoir accès à des rivières, comme la rivière Chaudière, qui est très peu pêchée et qui offre une belle qualité de pêche.


Le but premier n’est pas de prendre du poisson, mais bien d’avoir un moment pour soi, en nature, de décrocher, de penser à rien, de se concentrer sur ce que le poisson mange, et où il se trouve. Alors, je mets de côté tout l’aspect business, le magasin et les soucis qu’on peut avoir dans une journée. Quand j’ai une canne à pêche dans les mains, le but est de m’évader!


Un pur hasard


Je suis arrivé dans ce commerce par pur hasard. Les étoiles se sont alignées avec mon père; on a eu la chance d’avoir cette occasion d’affaires.


Je voulais travailler pour moi-même. Je ne connaissais rien au secteur, mais j’ai appris au fil des ans. À vrai dire, je n’avais jamais parti une scie à chaine de ma vie, je n’avais jamais fait de mécanique de ma vie! J’ai toujours travaillé par contre avec les vélos, le service à la clientèle a toujours été ma priorité.


La base, à mon avis, c’est la gestion. Si tu es capable de gérer une entreprise, peu importe ce que tu vends, la technique de gestion va toujours être la même. Que tu vendes des vélos, des scies à chaine, des souffleuses, des tracteurs… le principe de gestion, de service et de vente est toujours le même.


J’ai étudié en gestion de commerce. Jeune, je me suis dit que peu importe le domaine où je me dirigerais, j’allais avoir ma place. Tout a besoin de gestion!

J’ai été 8 ans gérant dans des boutiques de sports à Sherbrooke. Mon objectif était de revenir éventuellement chez nous, dans ma région, à Lac-Drolet où j’habite avec ma famille, et à Lac-Mégantic où est le commerce.


Pierre-André Hould, copropriétaire de Gosselin Bicycles à Lac-Mégantic. Photo: Jérôme Lavallée

Ce qui me passionne dans l’entreprise, c’est de voir des clients satisfaits, heureux de revenir, puis qui parlent de nous en bien. Pour moi, c’est important de toujours avoir un accueil souriant, chaleureux, de toujours prendre le temps d’écouter les gens. Ça peut paraître simple et banal, mais c’est aussi important d’appeler les gens par leur nom. Plus on porte attention aux petits détails, plus les gens apprécient, et plus les gens nous donnent en retour.


Famille, amis, nature


Dans ma vie personnelle, ce qui est primordial, c’est de toujours garder ma famille et mes amis près de moi. Ce sont eux qui me permettent de continuer chaque jour, qui me soutiennent dans mon quotidien.


Je peux affirmer que j’ai trouvé un équilibre. Le fait d’habiter sur le bord du lac Drolet, à 20 minutes de mon travail qui est en ville, et de là à seulement 5 minutes de la rivière, d’avoir les deux pieds dans l’eau et pêcher, ça crée effectivement un bel équilibre!


Évidemment, on travaille fort, on met beaucoup d’efforts, mais le résultat à la fin est très satisfaisant. Je suis en mesure d’élever une famille dans un contexte qui est plus facile, qui est moins stressant qu’en ville.


Vivre en campagne nous permet d’avoir un rythme de vie qui est plus calme, plus détendu, malgré le fait qu’on travaille très fort. Lorsque la cassure avec le travail se fait, le temps de relaxation, le temps passé en famille, est de meilleure qualité; il est plus lent qu’en ville. Et le plus beau côté d’avoir cette vie-là aujourd’hui, c’est d’être en nature, avec tous mes amis d’enfance, ma famille, d’avoir la chance de faire fonctionner un commerce et d’en vivre.


Est-ce que je suis au sommet pour autant? Pour moi, le sommet ne sera jamais définitif, il ne sera jamais tout à fait défini non plus. Nous sommes tous en constante évolution. On peut penser être arrivé, mais il y a toujours un autre sommet un peu plus haut, un peu plus loin.


Je pense que finalement, on peut qualifier de sommets tous nos objectifs, toutes nos ambitions. L’important est surtout de savoir comment les atteindre.


© 2019 / ma vie au sommet / par Défi 2025 région de Mégantic.